Nouvelle loi sur les entretiens en 2026 : Découvrez notre trame d'entretien de parcours pro !

Entretien de mi-carrière : comment bien le réaliser ?

Entretien mi-carrière

60,4 % seulement. C’est le taux d’emploi des 55-64 ans en France, contre 65,2 % en moyenne dans l’UE. Et l’écart devient vertigineux sur la fin de carrière : à peine 39 % des 60-64 ans sont encore en poste. Un signal d’alarme qui ne pouvait rester sans réponse concrète d’où la création de nouveaux entretiens dédiés aux secondes parties de carrière.

C’est dans ce contexte que la loi Seniors du 24 octobre 2025 vient bousculer les pratiques RH, en transposant plusieurs accords nationaux interprofessionnels pensés pour sécuriser les secondes parties de carrière. Parmi les mesures phares : un rendez-vous individuel entièrement repensé pour les 45 ans, moment charnière où trop de trajectoires professionnelles commencent à s’essouffler sans que personne n’en parle vraiment. de rester en moyenne moins de dix ans dans une même entreprise, contre quatorze ans un an plus tôt un signal qui invite les équipes RH à repenser l’accompagnement de leurs collaborateurs expérimentés, bien au-delà d’une simple case à cocher.

Concrètement, cet article répond à cinq questions que vous vous posez vous, RH, face à cette nouvelle obligation : qui est concerné et depuis quand, à quel moment précis organiser l’entretien, ce qu’il doit obligatoirement aborder et ce qu’il doit exclure, quelles sanctions encourt l’employeur en cas d’oubli, et comment un logiciel d’entretien d’évaluation peut sécuriser le suivi de ces échéances individualisées. Vous repartirez avec une méthode claire pour organiser, mener et formaliser l’entretien de mi-carrière dans les règles.

Qu’est-ce que l’entretien de mi-carrière ?

L’entretien de mi-carrière est un entretien de parcours professionnel à contenu renforcé, centré sur la seconde moitié de la vie professionnelle du salarié. Il ne s’ajoute pas à un dispositif existant : c’est l’entretien de parcours professionnel lui-même qui, à ce moment précis de la carrière, s’enrichit de thématiques propres à l’usure professionnelle et à l’aménagement du poste.

En 2026, l’entretien professionnel désormais rebaptisé entretien de parcours professionnel reste un rendez-vous obligatoire pour tous les salariés, avec une nouvelle périodicité fixée à quatre ans au lieu de deux.

Ce nouveau nom entretien de parcours professionnel (EPP)  remplace depuis la loi seniors l’ancien « entretien professionnel » que la plupart des services RH connaissent depuis 2014. La logique reste la même : accompagner l’évolution du salarié tout au long de sa carrière. Mais la périodicité change, et deux rendez-vous renforcés apparaissent spécifiquement pour les profils expérimentés : l’entretien de mi-carrière et l’entretien de fin de carrière.

Entretien de mi-carrière vs entretien de parcours professionnel (EPP) classique : quelle différence ?

L’EPP classique a lieu tous les quatre ans et porte sur les compétences, les besoins de formation et les souhaits d’évolution du salarié. L’entretien de mi-carrière reprend cette base commune, mais y ajoute des sujets propres à la seconde partie de carrière : prévention de l’usure professionnelle, aménagement des missions, anticipation des transitions à venir.

Dans les deux cas, l’entretien reste strictement distinct de l’entretien annuel d’évaluation : il ne porte jamais sur la performance du salarié, mais sur son parcours et son employabilité future.

Tableau comparatif des entretiens de parcours professionnel

Type d’entretienDéclencheurDélai / périodicitéObjet principal
Entretien de parcours professionnel (EPP)Embauche, puis cycle régulierDans l’année suivant l’embauche, puis tous les 4 ansCompétences, formation, évolution professionnelle
Entretien de mi-carrièreVisite médicale de mi-carrière (~45 ans)Dans les 2 mois suivant la visiteUsure professionnelle, aménagement du poste, mobilité
Entretien de fin de carrièreEPP tombant dans la fenêtreDans les 2 ans précédant les 60 ansMaintien dans l’emploi, retraite progressive, temps partiel
État des lieux récapitulatifBilan du parcours du salariéTous les 8 ansVérification du respect des obligations de formation

Qui est concerné par l’entretien de mi-carrière ?

Toutes les entreprises sont concernées, quelle que soit leur taille. L’obligation ne dépend d’aucun seuil d’effectif : une structure de quelques salariés doit l’organiser au même titre qu’un grand groupe.

Le déclencheur, lui, est individuel : c’est la visite médicale de mi-carrière du collaborateur, généralement organisée autour de 45 ans, qui fixe le point de départ du délai légal. Aucune démarche collective n’est nécessaire : chaque salarié atteignant cet âge fait l’objet d’un suivi propre, ce qui suppose un pilotage RH individualisé plutôt qu’une campagne unique à date fixe.

Des entretiens professionnels qui allient l’utile à l’agréable

Depuis quand la loi seniors rend-elle l’entretien de mi-carrière obligatoire ?

L’entretien de mi-carrière découle directement de la loi n°2025-989 du 24 octobre 2025, publiée au Journal officiel le 25 octobre et entrée en vigueur le 26 octobre 2025. Ce texte transpose plusieurs accords nationaux interprofessionnels négociés par les partenaires sociaux en 2024 et 2025, autour de l’emploi des salariés expérimentés et de l’évolution du dialogue social.

La loi seniors transforme l’ancien entretien professionnel en entretien de parcours professionnel et crée deux rendez-vous renforcés pour les salariés expérimentés : l’entretien de mi-carrière et l’entretien de fin de carrière, ce dernier organisé dans les deux années précédant les 60 ans.

Les entreprises couvertes par un accord collectif d’entreprise ou de branche disposent d’un délai supplémentaire : elles doivent renégocier leur accord pour le mettre en conformité avant le 1ᵉʳ octobre 2026, date à laquelle le nouveau dispositif s’applique automatiquement à toutes les entreprises, avec ou sans accord spécifique. En clair, l’obligation est déjà effective depuis fin 2025, et sa généralisation totale interviendra à l’automne 2026.

Quand organiser l’entretien de mi-carrière ?

Le lien avec la visite médicale de mi-carrière

L’entretien de mi-carrière est indissociable de la visite médicale de mi-carrière, prévue par l’article L. 4624-2-2 du Code du travail. Cette visite intervient au cours de la 45ᵉ année du salarié, sauf accord de branche fixant une autre échéance. Elle vise à vérifier l’adéquation entre l’état de santé du salarié et son poste, et peut donner lieu à des recommandations du médecin du travail.

L’employeur n’a pas accès aux données de santé du salarié : seules les préconisations d’aménagement de poste, le cas échéant, lui sont transmises par le service de santé au travail.

Le délai légal de 2 mois à respecter

L’employeur doit organiser l’entretien de parcours professionnel dans les deux mois qui suivent la visite médicale, quel que soit le délai déjà écoulé depuis le précédent entretien du salarié. Ce point mérite une attention particulière : même si un entretien de parcours professionnel a eu lieu la veille de la visite médicale, l’employeur devra en organiser un nouveau dans les deux mois suivants, spécifiquement dédié à la mi-carrière.

Ce délai court, individualisé et non anticipable sans outil de suivi, explique pourquoi de nombreuses équipes RH découvrent encore cette échéance au fil de l’eau, sans process dédié.

Quels sont les objectifs et le contenu de l’entretien de mi-carrière ?

Prévention de l’usure professionnelle et adaptation du poste

Le cœur de l’entretien de mi-carrière porte sur l’anticipation des risques liés à l’activité professionnelle. Il s’agit d’identifier, avec le salarié, les signes d’usure liés à son poste pénibilité physique, charge mentale, répétitivité des tâches et d’envisager des aménagements concrets : évolution des missions, adaptation des horaires, changement de fonction.

L’objectif affiché par le législateur est double : préserver la santé au travail et maintenir l’employabilité du salarié jusqu’à la fin de sa carrière. Cette dimension distingue nettement l’entretien de mi-carrière d’un simple point RH classique : il engage une réflexion sur le moyen terme, pas seulement sur l’année à venir.

Formation, mobilité interne et évolution professionnelle

L’entretien conserve les thématiques classiques de l’entretien de parcours professionnel : les besoins de formation liés à l’activité, à l’évolution de l’emploi ou à un projet personnel, ainsi que les souhaits d’évolution ou de mobilité interne.

C’est souvent à ce stade de carrière que se dessinent des projets de reconversion ou de repositionnement au sein de l’entreprise une dimension que l’entretien de mi-carrière doit permettre d’explorer sereinement, sans pression de résultat immédiat.

Ce que l’entretien de mi-carrière n’aborde pas

Plusieurs points sont volontairement exclus de cet échange. L’entretien de mi-carrière n’est ni un entretien d’évaluation, ni un espace de discussion sur les données médicales du salarié. Il reste centré sur le parcours professionnel et les leviers RH mobilisables pas sur le jugement des performances passées.

Cette distinction doit être rappelée aux managers en amont : confondre les deux exercices fragilise juridiquement l’entretien et brouille le message envoyé au salarié.

loi sénior : que comprendre ?

Quelles étapes pour bien réaliser un entretien de mi-carrière ?

La réussite de cet entretien tient d’abord à sa préparation. L’employeur doit identifier en amont les salariés concernés par leur date de naissance, puis s’assurer que la visite médicale de mi-carrière a bien eu lieu avant d’enclencher le compte à rebours des deux mois.

Vient ensuite le déroulé de l’entretien lui-même : un échange structuré autour des quatre piliers thématiques compétences, usure professionnelle, formation, mobilité mené dans un cadre bienveillant, distinct de toute logique d’évaluation. Trois bonnes pratiques permettent de sécuriser l’échange :

  • préparer une trame dédiée, différente de celle de l’entretien annuel ;
  • laisser le salarié s’exprimer en premier sur son ressenti et ses attentes ;
  • documenter les engagements pris de part et d’autre, avec des échéances claires.

Enfin, la formalisation est une étape à ne pas négliger. Un document écrit doit retracer les conclusions de l’entretien : c’est cette trace qui constitue la preuve du respect de l’obligation en cas de contrôle ou de contentieux. Ce compte-rendu doit être conservé et facilement accessible, notamment en vue de l’état des lieux récapitulatif organisé tous les huit ans.

Le conseil Skeely : archivez systématiquement les comptes-rendus d’entretien de mi-carrière dans le dossier du salarié dès leur signature. Grâce à sa trame entièrement personnalisable, Skeely vous permet d’adapter en quelques clics vos modèles d’entretien aux nouvelles thématiques imposées par la loi seniors usure professionnelle, aménagement du poste sans repartir de zéro à chaque évolution réglementaire.

Que risque l’employeur en cas de non-respect de cette obligation ?

Le non-respect de l’obligation d’entretien de mi-carrière expose l’employeur aux mêmes sanctions que celles prévues pour l’entretien de parcours professionnel classique.

Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, lorsque le salarié n’a bénéficié, au cours des huit dernières années, ni de l’ensemble des entretiens de parcours professionnel auxquels il avait droit, ni d’au moins une action de formation, l’entreprise doit procéder à un abondement correctif de 3 000 euros sur le compte personnel de formation du salarié concerné. Ce versement doit intervenir au plus tard le dernier jour du trimestre civil suivant la date de l’entretien pris en compte pour apprécier la période de huit ans.

À cela s’ajoute un risque prud’homal : en cas de contentieux, l’employeur peut être condamné à verser des dommages et intérêts s’il ne peut démontrer, documents à l’appui, avoir respecté ses obligations. D’où l’importance de conserver une trace écrite systématique de chaque entretien réalisé.

Comment la digitalisation facilite-t-elle l’entretien de mi-carrière ?

Suivi automatisé des échéances légales

Le calendrier imposé par la réforme visite médicale à 45 ans, délai de deux mois, état des lieux à huit ans est strict et individualisé pour chaque salarié. Un logiciel de gestion d’entretiens GPEC détecte automatiquement les dates de naissance concernées et alerte les équipes avant chaque échéance, pour éviter tout oubli synonyme de sanction.

Cette automatisation prend tout son sens sur un dispositif aussi individualisé que l’entretien de mi-carrière : contrairement à une campagne d’entretiens annuels lancée à date fixe pour tout l’effectif, chaque salarié déclenche son propre compte à rebours de deux mois, ce qui rend un suivi manuel rapidement intenable dès que l’effectif dépasse quelques dizaines de personnes.

Personnalisation des trames et bascule automatique vers la GPEC

Construire une trame d’entretien pertinente, conforme aux nouvelles exigences légales, demande du temps et une veille juridique constante. Un logiciel de gestion d’entretiens comme Skeely permet de faire évoluer facilement le contenu des trames d’entretien de mi-carrière, tout en centralisant les comptes-rendus, les attestations de suivi de formation et l’historique du collaborateur au même endroit.

Ce qui distingue Skeely sur ce sujet précis : l’ensemble des données recueillies lors de l’entretien de mi-carrière est automatiquement déversé dans le module GPEC. Les besoins de formation identifiés, les souhaits de mobilité et les compétences évoquées ne restent pas de simples notes dans un compte-rendu isolé ils alimentent directement la cartographie des compétences et la stratégie GEPP de l’entreprise. Concrètement, un souhait de mobilité interne exprimé en entretien peut ainsi être rapproché, dans la même interface, des postes ouverts ou des parcours de formation disponibles. Cet accès facilité aux historiques simplifie d’ailleurs la préparation des bilans à huit ans.

Vous pouvez télécharger notre trame d’entretien de parcours professionnel 2026 directement dans la rubrique Ressources, guides et trames.

trame entretien 4 ans

FAQ : entretien de mi-carrière

L’entretien de mi-carrière est-il obligatoire ?

Oui. Il est obligatoire depuis le 26 octobre 2025, en application de la loi n°2025-989 du 24 octobre 2025, pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille. Il doit être organisé dans les deux mois suivant la visite médicale de mi-carrière du salarié, généralement autour de 45 ans.

Comment assurer le suivi des actions décidées ?

Chaque entretien de mi-carrière doit donner lieu à un document écrit retraçant les engagements pris : aménagement du poste, actions de formation, projet de mobilité. Ce document doit être conservé dans le dossier du salarié et réexaminé lors des échéances suivantes, notamment l’état des lieux récapitulatif organisé tous les huit ans.

Quels sont les autres entretiens qui existent ?

Outre l’entretien de mi-carrière, le Code du travail prévoit l’entretien de parcours professionnel organisé dans l’année suivant l’embauche puis tous les quatre ans, l’entretien de fin de carrière dans les deux ans précédant les 60 ans du salarié, ainsi qu’un état des lieux récapitulatif tous les huit ans. L’entretien annuel d’évaluation, centré sur la performance, reste quant à lui distinct et non obligatoire au regard du Code du travail.

Rédigé par l’équipe éditoriale RH de Skeely, spécialiste des logiciels de gestion d’entretiens, de formation, d’objectifs et de GPEC pour les équipes RH.

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