Nouvelle loi sur les entretiens en 2026 : Découvrez notre trame d'entretien de parcours pro !

Entretien de fin de carrière : obligations, préparation et bonnes pratiques RH

entretien fin de carrière

En 2025, 61,7 % des personnes âgées de 55 à 64 ans occupaient un emploi en France, un niveau jamais atteint depuis 1975, selon la Dares. Accompagner la fin de carrière n’est donc plus un sujet marginal pour les services RH. Depuis la loi Séniors du 24 octobre 2025, cet accompagnement prend une forme précise : l’entretien de fin de carrière, un rendez-vous obligatoire dont beaucoup de responsables RH découvrent encore les contours exacts.

L’entretien de fin de carrière est un rendez-vous individuel obligatoire, organisé dans les deux années précédant le 60ᵉ anniversaire du salarié, qui porte sur l’aménagement de sa fin de carrière, les conditions de son maintien dans l’emploi et son passage éventuel à temps partiel ou en retraite progressive. Introduit par la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, il s’inscrit dans la réforme du nouvel entretien de parcours professionnel de 2026 et vient compléter l’entretien de mi-carrière.

Cet article répond concrètement à trois questions que se posent les équipes RH : quel est le cadre légal exact de cet entretien et en quoi diffère-t-il de l’entretien professionnel classique et de l’entretien de mi-carrière ; comment le préparer et le mener, thème par thème ; et comment en assurer le suivi et la conformité une fois l’échange terminé.

Qu’est-ce que l’entretien de fin de carrière ?

L’entretien de fin de carrière est un échange RH dédié, distinct de l’évaluation annuelle, qui prépare concrètement la dernière étape professionnelle d’un collaborateur avant son départ à la retraite. Il ne porte ni sur la performance, ni sur les objectifs de l’année : il se concentre sur la trajectoire du salarié, ses conditions de travail à venir et la façon dont l’entreprise peut sécuriser cette transition tout en capitalisant sur son expérience.

Qu’est-ce qui change avec l’entretien professionnel classique

L’entretien professionnel classique, obligatoire tous les deux ans depuis 2014, a été profondément remanié par la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, dite « loi Séniors », publiée au Journal officiel le 25 octobre 2025 et entrée en vigueur dès le lendemain. Il devient l’entretien de parcours professionnel (EPP), avec une nouvelle périodicité de quatre ans au lieu de deux, un premier rendez-vous dans l’année suivant l’embauche, et un état des lieux récapitulatif tous les huit ans.

La grande nouveauté tient à l’insertion de deux jalons renforcés dans ce parcours : un entretien de mi-carrière, généralement autour de 45 ans, et un entretien de fin de carrière, qui doit intervenir lorsque le premier EPP du salarié tombe dans les deux années précédant son 60ᵉ anniversaire. La loi précise, aux articles L. 6315-1 et L. 6315-2 du Code du travail, que cet entretien doit alors intégrer un volet spécifique consacré au maintien dans l’emploi, aux aménagements de poste possibles et aux dispositifs de retraite progressive.

Concrètement, les entreprises disposent d’un délai transitoire : celles couvertes par un accord collectif fixant une autre périodicité doivent le renégocier avant le 1ᵉʳ octobre 2026, date à laquelle le nouveau dispositif s’appliquera automatiquement à toutes les structures, avec ou sans accord spécifique. Une FAQ du ministère du Travail, publiée le 12 février 2026, est venue préciser plusieurs points d’application pratique, bien que ce document n’ait pas de valeur juridique opposable.

entretien de parcours professionnel

Entretien de fin de carrière vs entretien de mi-carrière : ce qui les distingue

Les deux rendez-vous répondent à une logique commune : accompagner les moments charnières de carrière mais leurs objectifs diffèrent nettement. L’entretien de mi-carrière, situé autour de 45 ans, vise à prévenir l’usure professionnelle, anticiper les évolutions de poste et sécuriser une deuxième partie de carrière encore longue. L’entretien de fin de carrière, lui, se concentre sur la dernière ligne droite : préparation du départ à la retraite, transfert des savoirs et adaptation des conditions de travail sur une période plus courte.

CritèreEntretien de mi-carrièreEntretien de fin de carrière
Public concernéSalariés autour de 45 ansSalariés dans les 2 ans précédant leurs 60 ans
Objectif principalAnticiper l’évolution et prévenir l’usurePréparer la transition vers la retraite
Sujets clésFormation, mobilité, employabilitéAménagement du temps, retraite progressive, transmission
Horizon temporelLong terme (10-15 ans restants)Court terme (3-5 ans restants)
Lien avec le CEPRecommandéRenforcé, notamment dans les PME

Pour aller plus loin sur le premier de ces deux rendez-vous, consultez notre article dédié à lentretien de mi-carrière.

Pourquoi cet entretien est stratégique pour les RH et les managers

Au-delà de l’obligation légale, l’entretien de fin de carrière répond à un enjeu RH concret : éviter que le départ d’un salarié expérimenté ne se traduise par une perte sèche de savoir-faire, tout en accompagnant humainement une transition souvent chargée émotionnellement. 

Sécuriser la transition vers la retraite

Un salarié qui approche de la retraite sans dialogue structuré avec son employeur navigue souvent à vue : il ignore les dispositifs de retraite progressive, les possibilités d’aménagement de poste ou de passage à temps partiel. L’entretien de fin de carrière permet de poser ces options sur la table suffisamment tôt pour que le collaborateur puisse arbitrer sereinement.

Ce temps d’échange couvre en général trois leviers : l’aménagement du rythme de travail (temps partiel, horaires allégés), le recours à la retraite progressive, et l’anticipation administrative du départ (simulation de pension, démarches auprès de la caisse de retraite). Bien mené, il réduit le sentiment d’incertitude qui accompagne souvent cette étape de carrière, côté salarié comme côté manager.

Anticiper la transmission des compétences et éviter la perte de savoirs

Chaque départ d’un collaborateur senior emporte avec lui une part de mémoire d’entreprise : process informels, relations clients, savoir-faire techniques rarement documentés. Sans anticipation, cette perte de compétence pèse directement sur la continuité de l’activité.

L’entretien de fin de carrière est le moment idéal pour organiser cette transmission : identifier les compétences critiques détenues par le salarié, planifier un tutorat ou un mentorat avec un profil plus junior, et documenter les process clés avant le départ effectif. Cette démarche s’apparente à un véritable plan de succession de retraite : elle formalise, poste par poste, qui reprend quelles missions et selon quel calendrier, plutôt que de découvrir l’ampleur du vide laissé le jour du départ. Cette anticipation s’articule naturellement avec une démarche de GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences), qui permet de cartographier en amont les savoirs à risque de disparition.

Valoriser l’expérience senior plutôt que la subir

La progression continue du taux d’emploi des seniors 60,4 % pour les 55-64 ans en 2024 selon la Dares, contre 58,4 % un an plus tôt traduit un allongement structurel des parcours professionnels. Les entreprises qui traitent la fin de carrière comme une contrainte administrative passent à côté d’une opportunité : celle de valoriser une expertise rare et de renforcer la fidélisation des profils expérimentés, dans un contexte de tensions de recrutement sur certains métiers.

Un entretien bien mené envoie un signal fort : l’expérience du collaborateur compte encore, jusqu’au dernier jour. C’est aussi un facteur de marque employeur, particulièrement pour les secteurs où la pénurie de compétences pousse à revaloriser les profils seniors plutôt qu’à les pousser vers la sortie.

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Comment préparer et mener un entretien de fin de carrière réussi

Un entretien de fin de carrière réussi repose sur une préparation en amont : identifier les bons profils, structurer les thèmes à aborder et éviter les écueils classiques qui transforment ce rendez-vous en simple formalité administrative. On vous donne ici les bonnes étapes pour répondre à cette question : comment mener un entretien professionnel.

Qui doit être convoqué et à quel moment

Sont concernés tous les salariés dont le premier entretien de parcours professionnel intervient dans les deux années précédant leur 60ᵉ anniversaire quelle que soit la taille de l’entreprise ou le secteur d’activité. Il revient au service RH de croiser sa pyramide des âges avec le calendrier des campagnes EPP pour repérer ces profils suffisamment à l’avance.

En pratique, il est recommandé d’envoyer une convocation formelle au moins deux à trois semaines avant la date, accompagnée d’une trame de préparation pour que le collaborateur puisse réfléchir à ses attentes. L’entretien doit se dérouler sur le temps de travail, en présentiel ou en visioconférence, dans des conditions garantissant la confidentialité des échanges. Dans les entreprises de moins de 300 salariés, le collaborateur peut également bénéficier d’un conseil en évolution professionnelle (CEP) pour préparer ce rendez-vous.

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Les thèmes à aborder

Un entretien de fin de carrière structuré couvre systématiquement plusieurs volets, au-delà du strict minimum légal :

  • Situation et souhaits du salarié : projet de départ, échéance envisagée, attentes vis-à-vis des dernières années d’activité.
  • Aménagement des conditions de travail : passage à temps partiel, allègement des missions, adaptation du poste.
  • Retraite progressive : éligibilité, démarches, impact sur la pension.
  • Transmission des compétences et plan de succession de retraite : identification des savoirs critiques, organisation d’un tutorat, documentation des process, désignation du repreneur de poste.
  • Formation : besoins ponctuels pour sécuriser la fin de mission ou accompagner une reconversion interne.
  • Compte personnel de formation (CPF) : droits mobilisables, abondements possibles de l’employeur.

💡 Le conseil Skeely Évitez l’entretien « à sens unique » où seul le manager expose le calendrier RH. Laissez le collaborateur exprimer en premier ses souhaits sur le rythme de fin de carrière : cela facilite l’adhésion et révèle souvent des besoins d’aménagement que l’entreprise n’avait pas anticipés.

Les erreurs courantes à éviter

Trois erreurs reviennent fréquemment dans la conduite de cet entretien. La première consiste à le confondre avec un entretien annuel d’évaluation, ce qui installe une posture de jugement inadaptée à un échange sur la transition de fin de carrière. La deuxième est l’improvisation : sans trame dédiée, l’entretien glisse rapidement vers une simple discussion administrative sur la date de départ, sans aborder la transmission des compétences ni les aménagements possibles. La troisième, plus silencieuse, est l’absence de suivi après l’entretien : les engagements pris (formation, tutorat, aménagement) ne sont jamais formalisés ni relancés, et se perdent dans le temps.

Ne pas oublier l’après entretien : formaliser, suivre et outiller la démarche

L’entretien de fin de carrière ne s’arrête pas à l’échange oral : sa valeur RH et juridique dépend largement de ce qui en est fait ensuite.

Le compte rendu obligatoire et sa valeur juridique

Un compte rendu doit systématiquement être rédigé à l’issue de l’entretien, puis signé par les deux parties. Ce document formalise les échanges, les engagements pris de part et d’autre, et sert de preuve en cas de contrôle ou de contentieux. Rappelons qu’en 2022, 164 millions d’euros ont été versés par 1 748 établissements au titre des abondements correctifs liés à des entretiens professionnels non tenus, pour plus de 54 000 salariés concernés un rappel concret du coût financier et humain d’un mauvais pilotage de ces obligations.

Ce compte rendu doit être conservé et facilement accessible : en cas de contrôle de l’inspection du travail, l’employeur doit être en mesure de démontrer que l’obligation a bien été respectée, entretien par entretien, sur l’ensemble de l’effectif concerné.

Relier l’entretien à la GPEC et au plan de formation

Les informations recueillies pendant l’entretien de fin de carrière n’ont de valeur que si elles nourrissent les outils RH existants. Les besoins de transmission identifiés doivent alimenter la cartographie des compétences critiques dans le cadre de la démarche GPEC, tandis que les besoins de formation exprimés doivent être intégrés au plan de formation de l’année. Cette articulation évite que l’entretien reste une donnée isolée, déconnectée du pilotage RH global de l’entreprise.

Pourquoi un logiciel d’entretien facilite la conformité et la traçabilité

Piloter manuellement des dizaines, voire des centaines d’entretiens de fin de carrière en identifiant les bons profils, en respectant les délais légaux et en centralisant les comptes rendus signés devient rapidement ingérable au-delà d’un certain effectif. Un logiciel d’entretien dédié permet d’automatiser le repérage des salariés concernés par la fenêtre des 58-60 ans, de générer des trames conformes au nouveau cadre légal et de conserver une traçabilité complète des campagnes menées.

Skeely propose ainsi une trame spécifique pour l’entretien de fin de carrière, directement reliée aux modules GPEC et formation : les besoins de transmission et de formation identifiés lors de l’entretien alimentent automatiquement le suivi des compétences, sans ressaisie manuelle. Cette continuité entre l’entretien et le pilotage RH global est précisément ce qui distingue un outil dédié d’un simple document Word ou Excel, tout en sécurisant la conformité vis-à-vis de la loi Séniors.

FAQ : l’entretien de fin de carrière

L’entretien de fin de carrière est-il obligatoire pour toutes les entreprises ?

Oui. Depuis la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025, l’obligation s’applique à toutes les entreprises du secteur privé, quelle que soit leur taille, dès lors qu’un salarié atteint la fenêtre des deux années précédant son 60ᵉ anniversaire. Les entreprises couvertes par un accord collectif disposent d’un délai jusqu’au 1ᵉʳ octobre 2026 pour se mettre en conformité.

À partir de quel âge l’employeur doit-il proposer cet entretien ?

L’entretien doit être proposé lorsque le premier entretien de parcours professionnel du salarié intervient dans les deux années précédant son 60ᵉ anniversaire, soit généralement entre 58 et 60 ans. C’est ce jalon d’âge, précisé par la loi Séniors, qui déclenche l’ajout du volet spécifique sur le maintien dans l’emploi et la retraite progressive.

Que risque un employeur qui ne propose pas cet entretien ?

Le non-respect de l’obligation d’entretien expose l’employeur à un abondement correctif du compte personnel de formation du salarié concerné, comparable au dispositif déjà en vigueur pour l’entretien professionnel classique. En 2022, ce type de manquement a représenté 164 millions d’euros versés par près de 1 750 établissements, un signal fort sur le coût réel d’un pilotage RH défaillant.

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